La station d’épuration

Où passent vos eaux usées... Le fonctionnement de notre station justifie l’intervention quasi journalière des agents communaux qui y assurent nettoyage, entretien et surveillance des disfonctionnements éventuels, ce qui est parfois le cas.

Sa capacité est de 600 habitants. A Saoû, pour l’instant, environ 200 foyers sont raccordés. Les quartiers trop éloignés ne pourront pas être raccordés et doivent opter pour des solutions individuelles, mais pourrait aussi s’approcher de solutions semi-collectives pour un partage des coûts d’étude et d’installation.

Comment ça marche ?

Dans notre station, l’épuration se fait par l’action mécanique (Reception dans un deshuileur, desableurs gros déchets, matières en suspension) et l’action biologique (travail des bactéries aérobies, et anaerobies).

L’eau usée en provenance directe des égouts passe sur des grilles qui retiennent les solides que nos agents communaux (bon courage !) viennent régulièrement nettoyer pour eviter les colmatages. Ceux-ci sont stockés et régulièrement evacués.

L’eau passe ensuite dans le désableur deshuileur : tandis que les graisses se concentrent à la surface, les sables et autres déchets terreux tombent au fond, des bras racleurs les emmènent dans un stockage et ces boues seront evacuées régulièrement par un agriculteur pour épandage sur les cultures.

L’eau passe ensuite dans un décanteur digesteur ou commence à travailler les bactéries qui vont favoriser le dépôt en fond des dernières matières en suspension. A ce stade l’eau commence a s’éclaircir, débarrassée de ses éléments les plus grossiers.

Une pompe remonte l’eau et alimente un bras tournant (sprinkler) motorisé qui diffuse l’eau dans un biofiltreappelé “lit bactérien”, constitué de pouzzolane (roche volcanique très poreuse où logent des bactéries qui transforment à ce stade l’ammoniac des urines en nitrates).

Par gravité l’eau atteint un bassin reservé à la dénitrification (dit clarificateur) où d’autres bactéries entrent en action : les anaerobies qui transforment les nitrates en azote gazeux. Nous en sommes au stade où l’eau peut enfin être rejetée en milieu naturel : la Vèbre.

Mais de mai à octobre en raison de la population plus importante (residences secondaires, touristes…) et le débit de la rivière moindre, l’eau est envoyée en traitement final dans des lits de sable fonctionnant par alternance avant rejets par infiltration. Ces rejets sont en règle vis à vis des normes imposées, même si ça ne paraît pas toujours si évident, car la rivière a une formidable capacité d’auto-épuration par son volume, son courant qui favorise l’oxygènation ainsi que par la microfaune épuratrice qu’elle héberge.

En dehors de ces charges acceptables par le milieu naturel il reste des germes pathogènes (ce que nous envoyons dans nos excréments) diffusés dans le milieu et peu de techniques existent pour les éliminer en dehors des filtres UV ou le chlore comme dans les piscines. Ceux ci sont lentement dégradés dans les filtres à sables ou dans la rivière par l’action solaire principalement.

Reportage : Philippe Walker